Sucre ou édulcorant : lequel est le meilleur ?
1. Que sont les sucres ? Les sucres sont des glucides simples que notre corps utilise comme source d'énergie rapide. Les principaux types sont : le glucose, qui est la forme d'énergie circulant dans le sang et utilisée par nos cellules ; le fructose, présent à l'état naturel dans les fruits et le miel ; le lactose, qui est le sucre du lait ; et le saccharose, connu sous le nom de sucre de table, composé de glucose et de fructose. Bien qu’ils proviennent d’aliments différents, ils finissent tous par apporter de l’énergie à l’organisme sous forme de glucose, et sur le plan métabolique, les différences entre eux sont moins importantes qu’on ne le pense généralement lorsqu’ils sont consommés dans le cadre d’une alimentation habituelle. Il est vrai que certains contiennent de petites quantités de minéraux ou de composés antioxydants. Mais d’un point de vue pratique, ces quantités sont si faibles qu’elles n’ont guère d’incidence sur la santé dans le cadre d’une alimentation courante. C’est pourquoi considérer qu’une cuillère à soupe de miel est bonne pour la santé tandis qu’une cuillère à soupe de sucre est nocive revient à simplifier à l’extrême la réalité. 2. Que sont les édulcorants ? Les édulcorants sont des substances qui apportent un goût sucré tout en contenant peu ou pas de calories. Parmi les plus utilisés, on trouve : le sucralose, la stévia, l’aspartame, la saccharine, l’acésulfame K et tous les polyalcools se terminant par « -itol » (xylitol, maltitol, etc.). Ils sont couramment utilisés dans les boissons gazeuses, les yaourts, les desserts, les chewing-gums, les boissons protéinées et de nombreux produits étiquetés « sans sucre » ou « light ». Au cours de ces dernières années, l’utilisation des édulcorants par l’industrie agroalimentaire a considérablement augmenté, suscitant de nombreuses interrogations et donnant lieu à des idées reçues. Mais, malgré la mauvaise réputation dont ils souffrent sur les réseaux sociaux, les revues scientifiques les plus récentes montrent que, consommés dans les quantités recommandées, ils sont sans danger pour la population générale. Les édulcorants augmentent-ils la faim ? À ce jour, les données disponibles ne montrent pas que les édulcorants augmentent significativement la faim chez la plupart des personnes. En effet, lorsqu’ils remplacent le sucre, ils peuvent contribuer à réduire l’apport calorique total et faciliter le contrôle du poids dans certaines situations. Cependant, les envies de manger et la faim constante dépendent de bien d’autres facteurs qu’un simple ingrédient. Les édulcorants nuisent-ils au microbiote ? Il n’existe actuellement aucune preuve solide démontrant que la consommation régulière d’édulcorants dans les quantités recommandées nuise au microbiote des personnes en bonne santé. Toutefois, en cas de douleurs abdominales, de flatulences, de ballonnements ou de selles molles fréquentes, certains types d’édulcorants, notamment certains polyalcools, peuvent provoquer ou aggraver ces symptômes. Dans ces cas-là, l’idéal est de supprimer tout édulcorant de l’alimentation et d’évaluer si une amélioration se produit. Les édulcorants entretiennent-ils le goût pour le sucré ? Le sucre comme les édulcorants activent les récepteurs du goût sucré. Et nos papilles gustatives s’adaptent constamment à ce que nous consommons. Lorsque nous sommes habitués à des saveurs très intenses, les aliments naturellement sucrés peuvent nous sembler insuffisants : les fruits peuvent nous paraître moins sucrés. Un yaourt nature peut sembler fade. Un café non sucré peut paraître impossible à boire. Non pas parce qu’il y a quelque chose qui cloche avec ces aliments, mais parce que notre seuil de perception du sucré s’est déplacé. 3. Qu’est-ce qui est mieux : le sucre ou les édulcorants ? C’est probablement la question la plus recherchée sur Internet. Et la réponse est : cela dépend du contexte. Si l’on parle de contrôle glycémique ou de réduction des calories, les édulcorants peuvent être un outil utile. Mais s’il s’agit d’améliorer notre rapport à la nourriture, de maîtriser les envies de sucré ou d’apprendre à écouter les signaux de faim et de satiété, remplacer le sucre par des édulcorants ne résout généralement pas le problème de fond. La question la plus importante n’est pas de savoir quel édulcorant choisir, mais pourquoi vous ressentez le besoin de consommer des aliments sucrés aussi souvent. 4. Suis-je accro au sucre ? Beaucoup de personnes pensent être accros au sucre alors qu’en réalité, elles présentent un ou plusieurs facteurs qui favorisent et expliquent les envies de sucré : Votre alimentation n’est pas équilibrée : lorsqu’il y a un manque de protéines, de fibres ou d’aliments peu transformés, il est plus facile d’avoir faim peu de temps après avoir mangé. Et lorsque la faim se fait sentir, les aliments sucrés sont souvent particulièrement attrayants. Vous dormez peu : un mauvais sommeil perturbe les hormones liées à l’appétit. En conséquence, la faim augmente, ainsi que l’envie d’aliments très savoureux et énergétiques. Vous vivez dans un état de stress constant : le stress chronique favorise la recherche de récompenses rapides. Et le goût sucré est l’un des moyens les plus faciles et les plus accessibles d’obtenir cette sensation de bien-être momentané. Vous utilisez la nourriture pour gérer vos émotions : Parfois, nous ne recherchons pas le sucre parce que nous avons faim. Nous recherchons du réconfort, une distraction, du plaisir ou du calme. Et plus nous recourons au sucré pour gérer nos émotions, plus il est difficile de briser ce schéma. Restriction alimentaire : avoir une liste d«» aliments interdits » augmente l’envie de les manger et peut expliquer les envies de les consommer. La restriction la plus courante : « les glucides ». Apport alimentaire quotidien insuffisant : un déficit calorique important augmente la sensation de faim et les envies de manger pour compenser le manque de nutriments et d’énergie. Consommation élevée d’aliments sucrés : plus nous sommes exposés à des saveurs intensément sucrées, plus nous en avons besoin pour ressentir la même satisfaction ; et l’inverse est également vrai : en réduisant progressivement ce niveau de sucré, les aliments moins sucrés commencent à nous sembler plus agréables. Bien que le sucre active notre système de récompense et de plaisir, il ne crée pas de critères clairs de dépendance comme c’est le cas avec les substances addictives. Il n’existe donc pas de dépendance au sucre, mais plutôt des habitudes alimentaires peu structurées et déséquilibrées, une mauvaise gestion émotionnelle et/ou un manque d’éducation nutritionnelle. 5. Ma conclusion en tant que diététicienne-nutritionniste Je ne considère pas le sucre comme un ennemi, ni les édulcorants comme un problème pour la plupart des gens lorsqu’ils sont consommés régulièrement et dans le cadre d’une alimentation équilibrée. Je ne pense pas non plus que remplacer l’un par l’autre soit la solution miracle aux fringales, à l’anxiété alimentaire ou aux difficultés à perdre du poids. Car, dans la plupart des cas, l’origine de ces situations ne réside pas dans un seul ingrédient, mais dans l’ensemble des habitudes et des circonstances qui entourent notre alimentation. L’objectif ne devrait pas être d’éliminer le sucré
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