En consultation, je vois fréquemment des symptômes tels qu'une fatigue persistante, des règles douloureuses ou irrégulières, des problèmes de thyroïde, des difficultés à perdre du poids, de l'infertilité, des ballonnements abdominaux ou des changements d'humeur.
Bien souvent, outre le stress et l'alimentation, il y a un facteur silencieux impliqué : les perturbateurs endocriniens. De plus en plus de preuves scientifiques témoignent de son impact, non seulement sur la santé métabolique et hormonale, mais aussi sur le microbiote intestinal, dont l'altération peut amplifier le déséquilibre hormonal.
1. Que sont les perturbateurs endocriniens ?
Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques, de structure similaire à nos hormones, capables de interférer dans le système hormonal. Ils peuvent :
- Imiter les hormones (comme les œstrogènes)
- Bloquer les récepteurs hormonaux
- Modifier leur production ou leur élimination.
- Modifier la sensibilité des tissus aux signaux hormonaux
Le système endocrinien régule des processus clés tels que le métabolisme, la fertilité, le cycle menstruel, la fonction thyroïdienne, l'humeur et la réponse au stress. Par conséquent, son altération peut contribuer au développement de maladies métaboliques, reproductives, immunologiques et neurologiques. Cela est soutenu par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
2. Où se trouvent-ils ?
- Bisphénol A (BPA) et microplastiques présentes dans des emballages en plastique particulièrement exposés à la chaleur, réutilisés ou rayés (boîtes en plastique, bouteilles en plastique et plats préparés emballés). Les boîtes de conserve contiennent également du BPA dans leur revêtement intérieur, mais aujourd'hui les conserves sont beaucoup plus réglementées et de nombreuses entreprises l'ont retiré de leurs boîtes.
- Parabènes, phtalates, benzophénones, parfums synthétiques ou triclosan présents dans les cosmétiques (crèmes, shampoings, maquillage…), les produits d'hygiène et d'entretien ménager.
- Pesticides et herbicides présents dans l'agriculture conventionnelle, notamment dans la culture des fruits rouges, du raisin et des pommes.
Composés perfluorés (PFOS, PFOA) présente dans les poêles antiadhésives rayées ou endommagées.
Mycotoxines : Ingérer des aliments contaminés par des moisissures ou avoir chez soi de l'humidité avec des moisissures qui libèrent des mycotoxines dans l'air.
Un contact ponctuel n'a aucun effet sur notre corps, mais un exposition cumulative et constante, oui.
3. Quel est son impact sur notre microbiote ?
Des preuves récentes montrent que ces composés agissent comme modificateurs de l'écosystème intestinal. Il a été démontré qu'une exposition prolongée réduit la diversité bactérienne de notre microbiote et peut altérer la barrière intestinale, ce qui augmente l'inflammation locale (risque accru d'intolérances, d'infections, de troubles digestifs et hormonaux).
L'intestin est également un organe endocrinien et détoxifiant, et lorsque son équilibre est altéré, la régulation hormonale l'est également.
4. Que pouvons-nous faire ?
Savoir que nous exposer à ces substances peut nous affecter à long terme ne signifie pas d'être obsédé, mais apprendre à réduire son exposition de manière progressive et réaliste. Commencez par l'un de ces petits changements :
- Évitez de réchauffer des aliments dans du plastique : utilisez des récipients en verre.
- Réduisez l'utilisation de film plastique en contact avec les aliments chauds.
- Donner la priorité aux aliments frais et cuisiner davantage à la maison : réduire les produits ultra-transformés emballés et les plats préparés.
- Bien laver les fruits et légumes : eau + friction mécanique et éplucher les légumes et les fruits non bio chaque fois que possible.
- Utiliser des cosmétiques étiquetés comme végétaliens ou sans microplastiques et éviter ceux qui contiennent des parabènes ou des parfums dans leurs ingrédients.
- Utiliser des bouteilles en acier inoxydable (eau du robinet ou filtrée si l'eau est très dure).
- Aérer la maison 5 à 10 minutes matin et soir, et contrôler les infestations de moisissures.
- Ne consommez pas de fruits moisis ni d'aliments avariés.
- Utilisez des produits de nettoyage naturels (vinaigre, bicarbonate de soude, etc.) ou des produits écologiques de marques telles que Natulim, Frosch ou Ecover.
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